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Nelson Mandela

Ils ont traversé la peur !

« Ce qui importe dans la vie n’est pas ce qui nous arrive

mais la façon dont vous gérez ce qui arrive ».

Nelson Mandela : accepter, se relier et s’organiser en confinement.

Enfermé 23h/24, pendant 27 ans de captivité, Nelson Mandela a développé des trésors d’inventivité pour déjouer le découragement, la peur de l’inactivité, l’angoisse de l’inutilité et de l’oubli. Héros de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud, il est aujourd’hui un mentor qui peut nous aider à comprendre comment garder énergie, vitalité et sens du collectif dans un environnement confiné.

Mandela incarne la capacité d’un homme à faire tout basculer autour d’un seul but. L’abolition du terrible régime de l’apartheid qui condamnait les Noirs à rester éternellement traités comme des êtres inférieurs.

Comment s’est-il fixé cet objectif ?

Remontons jusqu’à son enfance.

Rolihlahla Mandela nait le 18 juillet 1918 dans le Transkei. Au village, son père est un chef. Jusqu’à l’âge de neuf ans, le jeune garçon court à travers les champs. Son éducation repose essentiellement sur l’expérimentation physique et sensorielle. Elle peut se définir comme un apprentissage par l’erreur. Essayer, se tromper, réessayer jusqu’à ce qu’on réussisse. Mandela attribuera à cette pédagogie d’avoir été à la base de sa grande confiance en lui.

Le soir, l’enfant est bercé par des histoires qui enchantent son imagination. La vie au village est collective, l’émulation y tient une place importante et forge la vision du monde qui modèlera son futur leadership ; « je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ».

À neuf ans, Mandela perd son père et poursuit ses études en ville, un univers inconnu pour lui,. D’abord dans un collège réputé de « Clarkesbury » puis à l’université de « Fort Hare » où il étudiera le droit.

Au cours de cette formation, il découvre deux réalités, véritables humiliations :

  • Tout d’abord, la supériorité peut être liée au mérite et non à la naissance. Bouleversement culturel. Certains de ses camarades, de lignée moins noble que lui, sont plus méritants parce qu’ils obtiennent de meilleurs résultats scolaires que lui.
  • Il comprend aussi que « Être Africain en Afrique du Sud signifie qu’on est politisé à l’instant de sa naissance qu’on le sache ou non. Sa vie est circonscrite par les lois et les règlements racistes qui mutilent son développement, affaiblissent ses possibilités et étouffent sa vie. »

Conseil n°1 de Nelson Mandela, le sage : accepter la réalité

Mandela accepte d’être là où il est, en Afrique du Sud, sans lutter contre cet état de fait.

Il admet la réalité de la condition de Noir en Afrique du Sud et se concentre avec lucidité sur ce qui le dérange dans cette réalité : l’absence de liberté.

Il se fixe alors une ambition utile : devenir libre dans son propre pays.

Et vous, dans tout ce que vous vivez :

  • Quelle réalité devez-vous accepter contre laquelle il ne serait inutile de lutter ?
  • Si vous l’acceptez, que se passe-t-il de différent ?
  • Pourriez-vous citer un ou deux avantages à accepter cette réalité

Mandela, le « romantique »

Retrouvons Mandela en 1944. Il est devenu avocat. Il est aussi très engagé au sein de l’African National Congress (ANC) avec trois autres jeunes avocats, Anton Lembede, Walter Sisulu et Olivier Tambo. Ils sont enthousiastes, courageux, créatifs, téméraires. Ils n’hésitent pas à secouer la vieille garde des dirigeants de l’ANC et créent la Ligue de la Jeunesse.

En 1948, tandis que la ségrégation raciale s’intensifie avec l’interdiction de mariages mixtes, la classification en « races », l’habitat obligatoire, Mandela et ses compagnons diversifient leurs actions. Ils s’inspirent de Gandhi et lancent une campagne massive de désobéissance civile.

Mais en 1960, la répression brutale et massive du gouvernement lors du massacre de Sharpeville déclenche chez Mandela une prise de conscience. Il fonde le « Umkhonto we sizwe » : la fin de la non-violence et le démarrage d’une campagne de sabotage.

Mandela et ses compagnons sont recherchés, arrêtés puis jugés en 1963. La sentence du « procès de Rivonia » est terrible, ils sont condamnés à la prison à perpétuité.

Emprisonné à Robben Island, sous le matricule 46664, Mandela passera 18 ans dans une cellule de 2,40 de long et 2 m de large.

Mettez-vous debout, étirez vos deux bras et vous aurez une idée tangible de la taille de sa cellule.

Changement de contexte, changement d’environnement, confinement.

D’activiste, Mandela devient tacticien. Il voit dans cet emprisonnement l’opportunité de forger une unité politique qu’il n’arrivait pas à créer à l’extérieur. « La prison, écrit-il dans ses mémoires, tempère les polémiques et permet de se focaliser sur ce qui nous unit plutôt que sur ce qui nous sépare ».

Conseil n°2 de Mandela, le « Romantique » : Faire du beau avec du laid

Que serait la liberté sans la privation ? L’altruisme sans l’égoïsme ? L’intégrité sans la corruption ?

Mandela va comprendre que l’on apprécie une chose si nous rencontrons son contraire. Comprendre et intégrer cette notion permet de mieux tolérer, voire d’apprécier les « antivaleurs ».

Et vous, que pouvez-vous déployer de plus « romantique » dans votre vie ?

  • Quelles sont les richesses cachées de ces moments difficiles ?
  • Quelle pépite se trouve dans « le déchet », « le laid » ?
  • C’est quoi être « romantique » dans votre vie ? Dans votre métier ?

Nelson Mandela, le fédérateur.

Dès le début de son incarcération, avec ses compagnons, ils vont déployer mille et une astuces pour rester en lien les uns avec les autres. Leur créativité est époustouflante et nous invite à laisser la nôtre s’exprimer en ce moment.

Des conseils en série pour garder le lien.

Chanter pour résister à la pression de la peur. Mandela et ses compagnons chantent lorsqu’ils se déplacent dans la carrière de Robben Island où ils passent leur journée à casser des cailloux. Ils bravent encore et encore l’interdiction de chanter au point que les autorités renoncent à exiger le silence.

Les Italiens l’ont expérimenté et leur chant collectif nous a émus.

  • Et vous, qu’auriez-vous envie de chanter avec vos collègues ?

Communiquer par tous les moyens. Des boîtes d’allumettes jetées par les gardiens sur le chemin de la carrière sont récupérées par les détenus. Ils fabriquent un double fond pour y placer un message écrit, très petit en langage codé. Chacun peut rester ainsi en contact avec le groupe.

  • Et pour vous, à quoi ressemblerait une boîte d’allumette virtuelle ? Quel message pourriez-vous adresser à vos collègues, à vos proches ?

Créer des débats futiles. « Y a-t-il des tigres en Afrique ? » Question saugrenue dans le contexte carcéral Robben Island. Chaque détenu avait alors 10 minutes pour exprimer un point de vue sans être interrompu. Mandela avait remarqué l’apaisement et la joie que procurait ce type d’exercice.

  • Allez-y, lancez un débat sur une question décalée !

S’encourager moralement et trouver un exutoire pour survivre au confinement

« Survivre en prison implique qu’on doive trouver le moyen de tirer un plaisir de la vie quotidienne. La fierté que procurent les tâches importantes à l’extérieur, on peut la trouver en prison, dans de petites choses », écrit Mandela dans ses mémoires.

En prison, il est indispensable d’avoir un exutoire pour évacuer ses frustrations.

L’ordonnance du Dr Mandela

  • Pratiquez 100 tractions, 200 assouplissements assis et 50 flexions car l’exercice physique dissipe la tension, laquelle est l’ennemie de la sérénité.
  • Redonnez de la valeur à « ces petites choses du quotidien »
  • Félicitez-vous pour avoir rangé votre appartement… pour avoir pris le temps d’appeler un collaborateur…

Nelson Mandela, l’organisateur

Durant ses 27 années de détention, Mandela opte pour une attitude dont il ne se départira pas : protester, s’organiser et utiliser tous les moyens pour exprimer, parler, dénoncer.

Il instaure une règle précise : partager toutes les informations pour comprendre et agir.

Il écrit « Pour survivre, nous devions comprendre ce que les autorités essayaient de nous faire et partager cette compréhension avec les autres. Chacun donnait sa vision. Tout ce que nous savions, tout ce que nous apprenions, nous le partagions et ce partage multipliait notre courage et nos actions ».

Avec l’éclairage des neurosciences, nous savons que notre cerveau a besoin de percevoir l’information pour la traiter, c’est-à-dire comprendre afin d’agir : le PTA (Perception, traitement et action). Mandela l’avait compris.

Et vous, quelles informations partagez-vous avec votre équipe, vos proches qui aident à comprendre la situation pour agir sereinement ?

Pour sortir du stress généré par le COVID19, faites comme Nelson Mandela :

  1. Acceptez la réalité pour vous libérer du ressenti négatif de l’incapacité à agir.
  2. Soyez romantique : faites du beau avec du laid
  3. Encouragez-vous, trouvez un exutoire, chantez, engagez des débats futiles
  4. Faites circuler des informations qui aident votre cerveau à comprendre pour agir
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